Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 16:36

Pousser une classe d’âge toute entière vers le baccalauréat, c’est aussi les pousser vers l’enseignement supérieur. Car le niveau du bac, qu’on le veuille ou pas, a véritablement baissé ces dernières décennies. A brader le premier diplôme universitaire, on amène une population toujours plus importante ( plus de 500 000 bacheliers par an depuis 2005 ) vers les études supérieures. Les établissements d’enseignement supérieur ne sont pas préparés à accueillir une telle population, tout du moins dans les villes moyennes. On veut former toujours plus haut, toujours plus vite mais cette logique dévalorise les diplômes les uns après les autres. Un exemple assez simple se trouve au niveau du recrutement des professeurs des écoles. L’école normale, devenue IUFM, officie depuis Louis-Philippe mais pour y accéder, demande depuis 1992 aux postulants d’être titulaire d’une licence. Notons bien que peu importe la licence, c’est le grade universitaire qui compte. Raison officielle : Permettre de mieux rémunérer les « instits » et leur assurer une meilleure reconnaissance. Raison réelle : Le niveau scolaire s’est tellement abaissé que pour garder des candidats en quantité raisonnable et avec une perte moindre de qualité, il faut augmenter la difficulté. La conséquence à cette mesure était fort logique, l’enseignement supérieur s’est engorgé et désormais, on a tellement bradé la Licence que le gouvernement souhaite forcer les futurs enseignants à aller jusqu’à BAC + 5. Pas qu’ils souhaitent de meilleurs profs, mais c’est aujourd’hui un moyen de cacher l’effondrement total du niveau scolaire.

 

Mais passons sur ce constat qui mériterait mieux qu’une place introductive mais qui devrait faire l’objet d’un grand débat national « Quel avenir pour nos diplômes ? ». Reste que cet engouement, un peu forcé, pour les études supérieures ne se gère pas de la même manière si l’on réside à Paris, Marseille ou Lille ou si c’est à Bourges, Cherbourg ou encore Montélimar qu’on a vécu ses premières années. La discrimination géographique existe depuis toujours, le simple fait d’entrer au collège provoquant un déplacement parfois important. Le lycée souffre des mêmes soucis avec quand même une différence majeure. Des lycées, il y en a dans tous les départements de France. Les établissements d’enseignement supérieur, ce n’est pas le cas. Les déplacements engendrés sont alors d’une part plus long que pour le secondaire et plus massifs. Les régions doivent donc résoudre la problématique de l’isolement géographique par rapport aux études. Il faut compter trois heures de train pour relier St-Amand Montrond et Tours (avec une correspondance à Bourges). Pour quelqu’un vivant ne serait-ce qu’à Culan, il faut rajouter 40 minutes de trajet, soit en tout plus de quatre heures. Ce temps n’est certes pas perdu, encore faut-il avoir un moyen de se rendre à St-Amand pour prendre le train car sans apport des parents, il devient presque impossible d’étudier. Vrai au niveau économique, cela se révèle aussi véridique dans l’accès géographique.

 

Quelle réponse apporter à cette problématique ? Plusieurs seraient, à mon sens, extrêmement utiles. Tout d’abord, à l’instar de ce qui se fait outre-Rhin, c’est la mise en place d’un pass transport en commun sur l’ensemble de la région (« Semesterticket »). Ce pass permet aux étudiants dont l’établissement se situe dans une région A de bénéficier de l’ensemble des transports en commun régionaux gratuitement. (Par régionaux, j’exclue les TGV même pour des trajets internes à la région). Les trains seraient concernés, mais pas seulement. Cela concernerait aussi bus, trams et cars. Evidemment, l’impact semble moindre à l’échelle de la Région Centre qu’à l’échelle de Berlin où les moyens de transport sont multimodaux. Mais pour les étudiants et leurs familles, un tel pass permet d’éviter l’achat de carte de trains, puis de billets (comptez au bas mot 30 € aller-retour pour un trajet St-Amand / Tours, soit une dépense annuelle de 600 € pour un étudiant revenant chez lui un WE sur deux). Cela économise également les abonnements de bus et permet d’encourager la prise de transports en commun. Une telle initiative, évidemment, a un coût. Dans le Land de la Rhénanie du Nord – Westphalie, le coût est de  130 € pour six mois. Même à un tarif approchant les 300 € / an, le bénéfice est extrêmement important pour les familles (Rien qu’un abonnement de bus pour étudiant dans une des villes de la région coûte 26,50 / mois, faites le calcul sur un an). Pour réaliser un tel projet, qui ressemble par certains aspects à la Carte Imaginaire en région parisienne, il faut que les régions s’impliquent, mais pas seules. Le projet doit concilier l’Université, la région, les différents réseaux de transport (SNCF, syndicats locaux de bus,…) et l’état. Il est évident que les 130€ versés par les étudiants ne suffit pas seul, d’où la nécessité d’associer la région et l’état afin que les entreprises de transport ne soient pas perdantes dans une telle initiative.

 

Il me semble nécessaire également de tout faire pour rendre les réseaux de transport en commun complémentaires. Par exemple, il faut développer, partout où cela ne se fait pas encore, les réseaux affluents vers les villes universitaires et les irriguer avec des correspondances simplifiées. Il faut que les étudiants, d’où qu’ils viennent, puissent facilement rejoindre leur université en empruntant sur 90% du trajet des moyens de locomotion peu polluants. Le développement du covoiturage étudiant, qui est une réalité dans beaucoup d’établissements, montre que la demande est extrêmement importante  en matière d’investissements dans le domaine de l’accès aux études. Le procédé en lui-même doit être encourage et l’ensemble des collectivités locales doit tout faire pour encourager ces procédés : Il peut s’agir, par exemple, d’organiser dans les petites communes et de manière institutionnelle un système de covoiturage soit vers la grande gare la plus proche, soit directement vers le centre de la ville universitaire selon la distance totale à parcourir. Quitte à ce que ceux qui jouent le jeu du covoiturage se voient récompensés par la possibilité de déduire de ses revenus déclarés l’essence utilisée pour le transport, à la manière des dons aux associations caritatives. L’essentiel est aussi de permettre aux jeunes dont les parents ne peuvent pas les emmener à la gare de se rendre à l’Université sans « galères ». L’Etat doit aussi s’engager dans les aides diverses fournies aux jeunes désirant investir dans des véhicules peu ou pas polluants. Trop de jeunes se rabattent sur de vieux modèles très polluants faute de moyens suffisants. A l’instar du « bonus-malus », les étudiants qui désirent faire cet effort devraient se voir soutenus par l’état (emprunt à taux zéro pour financer l’achat, remboursable après les études). Cette aide, évidemment, doit cibler les jeunes dont le besoin d’acquérir un véhicule est réel. Il ne s’agit pas de mener une politique « Un étudiant = une voiture », bien au contraire, mais de permettre à ceux n’ayant pas le choix de se déplacer de manière verte sans que cela ne soit, pour eux, un gouffre budgétaire.

 

Mais les initiatives ne doivent pas se cantonner à l’aspect transport : Il est impératif de rendre plus égalitaire le système de bourse : Un étudiant passant du lycée à l’université dans la même ville peut voir sa bourse augmenter largement sans que ses dépenses ne subissent la moindre augmentation. L’APL ne suffit pas pour compenser les inégalités géographiques. Les logements CROUS doivent être réservés en priorité aux étudiants venant de loin et pas être seulement attribués aux étudiants boursiers. Les critères d’attribution des bourses doivent être dans tous les cas refondus et la place géographique doit devenir centrale car une famille avec 2 500 € par mois vivant à 150 km de la ville universitaire aura plus de mal à financer des études qu’un foyer ne recevant que 2000 € / mois mais donc l’enfant irait dans la même ville à l’Université. Pour cela, il faut revaloriser le lieu d’origine en restreignant le champ des possibles aux universités les plus proches : Pas question d’aller volontairement s’inscrire loin pour toucher plus de bourses.

 

Dans ces idées, la place de la région est évidemment centrale mais il ne suffira pas uniquement de financer ces programmes. Il est impératif que la communication autour de ces initiatives permette de les rendre naturelles, ce qui reste le seul moyen de les rendre durables. Il convient également pour l’ensemble des collectivités d’encourager les ouvertures d’UFR locaux délocalisés, comme c’est le cas à Bourges ou à Blois. Ces ouvertures permettent à une population étudiante d’une part de se rendre moins loin pour étudier, au moins les premières années, mais permet également de rendre plus accessibles ces études, les villes moyennes offrant des loyers largement inférieurs. Le coût de la vie en général varie parfois fortement. Il est donc urgent d’agir car la situation n’est réellement pas facile pour ces étudiants ruraux qui, souvent, se voient obligés de se couper, au moins physiquement, de leur famille, faute de moyens pour aller les voir régulièrement. Et si tous les étudiants ne souhaitent pas forcément rentrer chez eux chaque week-end, cela n’est pas une raison pour ne pas leur donner la possibilité de le faire.

Par Hugoruth - Publié dans : Politique locale
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 20:15

La fête de la musique existe depuis le début de la décennie 1980. Quel chemin parcouru quand on voit l’engouement aujourd’hui mondial pour une manifestation créé par un gouvernement français. Ce sont plus de 100 pays qui connaissent aujourd’hui des manifestations identiques, même si les ampleurs varient fortement. Mais ce n’est pas une histoire de cette fête que je veux écrire, vous trouverez des tas de définitions plus précises que celle que je pourrais écrire.

 

Non, ce dont je veux parler, c’est du sentiment que j’ai eu hier en me baladant dans les rues. Le spectacle ne manquait vraiment pas d’intérêt avec des groupes très divers… Au pied d’une tour médiévale, une scène dédiée aux musiques amplifiées… Au bord de la Loire, danses médiévales et musique classique. Le parvis de l’université, quant à lui, s’est transformé l’espace d’une soirée en piste de danse géante. L’ambiance, chacun la connaît, je suppose qu’elle n’est en rien restreinte à Tours. Mais comment ne pas parler de la formidables réussite sociale de la fête de la musique ? Le public brassé est totalement éclectique. On a certes les fêtards habituels mais ils sont rejoins par toutes sortes d’auditeurs nouveaux, de tous âges, de tous milieux. Et c’est ça, sans doute, l’aspect le plus réjouissant de la fête. Voir les gens évoluer ensemble. Oh, par forcément se mélanger mais pouvoir se retrouver pendant quelques minutes devant un groupe et partager la musique. Ce simple partage, il est devenu si rare habituellement qu’il faut en profiter tant qu’il dure.

 

Bien entendu, on peut critiquer bien des aspects de la manifestation ( notamment sur la place de la boisson ou les nuisances sonores ) mais je crois vraiment qu’ils ne sont pas plus importants qu’un soir de fête habituel. La simple différence c’est l’ouverture sur la rue et donc à la vue du public. Oui, on y voit toutes sortes de drogues et cela me désole profondément mais j’ai vu, hier, les gens vivre ensemble, tout simplement. Et si la cohésion sociale passait par des fêtes ainsi ? La population peut vivre ensemble, avec des différences de goût mais sans rejet de l’inconnu. Qui n’a jamais eu un coup de cœur pour un groupe alors que jamais auparavant il ne s’était intéressé à ce style de musique (Mon coup de cœur du soir va au groupe « Alarash » http://alarashtwo.free.fr/# ) ?

 

Et si cette démonstration de joie et de vivre ensemble était, finalement, la meilleure façon d’honorer la tradition du 21 Juillet ? Et si, quelque part, ce n’était pas un petit peu ça, les valeurs de gauche. Vivre ensemble, sans pensée immédiate vers l’aspect financier et en abordant les différences d’autrui sans à-priori… Ces valeurs, dans tous les cas, je crois qu’elles sont nécessaires à la France de demain. Comme elle étaient présentes hier !

Par Hugoruth
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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 20:24

La question peut faire sourire mais combien de territoires sont concernés par cette problématique ? Un grand nombre, sans doute la majorité des départements français de métropole, le cas des DOM et des TOM étant véritablement à part sur ce sujet, comme sur tant d’autres. Pourtant, en quittant la commission « Vie citoyenne », j’avais ce sentiment très fort que pour garder un territoire dynamique, il fallait nécessairement s’adapter aux impératifs universitaires et, en général, de l’enseignement supérieur.

 

            Le département du Cher est mal desservi en terme d’enseignement supérieur. 315 000 habitants pour plus de 7 300 km², soit une densité d’environ 43 habitants/km². A titre de comparaison, l’Indre et Loire est à 94,7 hab/km² et le Loiret à 95,2. Densité faible et population vieillissante, constat typique d’un département rural. Mais l’un des facteurs aggravant de ce constat est la fuite des jeunes qui partent étudier en dehors du département et qui, le plus souvent, ne reviennent pas. Le manque d’attractivité en terme d’emploi ne saurait constituer une raison valable car le département du Cher ne se signale pas par un fort taux de chômage (6,9 % en mars 2009, soit un brin plus faible qu’au niveau national, mais le Cher a connu un recul de son taux de chômage de 3% en 5 ans). La raison de ce désamour entre le département et les néo-diplômés relève, ironiquement, de l’amour qui nait entre les étudiants et les régions « colonisées ». La plupart des étudiants de Tours s’installent en Touraine, tout du moins dans le grand ouest. Ceux de Paris restent dans la capitale. Und so weiter und so fort…

 

Face à cet exode, les départements ne sont pas totalement démunismaiss la tendance de fuite semble lourde. Certes, elle n’est pas nouvelle mais de plus en plus d’étudiants continuent loin leurs études. Le temps est passé où les études supérieures n’étaient plus ouvertes qu’aux élites. Aujourd’hui, elles concernent la majorité des jeunes et ce flot d’étudiants n’est plus compensé, comme il l’était auparavant, par les formations professionnalisantes développées localement. Cet aspect est extrêmement problématique alors même que les établissements supérieurs cherchent tous à se rapprocher de la sphère professionnelle. Si ces établissements auparavant purement généraux empiètent sur les prérogatives des établissements spécialisés qui existent encore dans les villes moyennes dénuées d’universités, la résistance desdites villes devient presque impossible. Il est donc important de réfléchir aux problèmes posés par cette situation. J’ai dégagé 5 axes de réflexion sur lesquels chacun peut donner son avis et que je traiterai successivement :

 

 

Comment garantir un accès géographique égalitaire aux établissements universitaires ?

Quel peut être le rôle des collectivités locales dans cette démarche ?

 

Quel avenir pour un jeune bachelier dans un département rural dont le chef lieu ne compte pas d’Université ? Quelles solutions proposer pour compenser l’éloignement des facultés ?

 

Comment faire revenir les jeunes diplômés ? Comment encourager localement l’emploi de jeunes diplômés afin de permettre au territoire de conserver une population dynamique et une attractivité forte ?

 

Quelle place pour la formation au niveau européen dans un département rural ? Quelles formations mettre en place pour attirer les étudiants étrangers ?

 

Comment permettre aux étudiants ayant du quitter leur berceau familial de conserver un lien tout au long des études qui soit autre que sentimental avec leur région d’origine : Développer les emplois d’été réservés aux étudiants, Bourses de recherches pour les recherches concernant le département,…

Par Hugoruth - Publié dans : Politique locale
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 23:36

 


Voilà un bon sujet pour un premier article… Les résultats des européennes ! Bon sujet car il va permettre très rapidement de me situer politiquement. Mais bon sujet aussi car il est vaste et trop souvent décrit avec une partialité aberrante.

 

Tout le monde a perdu aux européennes. Oui, tout le monde, y compris les verts et l’UMP. Tous les partis ont perdu. Une abstention énorme, tout simplement honteuse, voilà la gagnante. Mais les résultats, nous les avons. L’UMP a fait 10,83 %, le PS environ 6,5 %, les verts autant, ne pinaillons pas. Les autres partis faisant tous moins de 5%.

 

Mais, me direz-vous avec justesse, quels sont ces scores ? Ce sont les scores réels, ceux rapportés non pas aux suffrages exprimés mais au total des électeurs. Vus ces scores, qui oserait dire qu’il a gagné ? Car oui, une abstention aussi élevée n’indique rien. Evidemment, la percée des verts et l’effondrement du PS sont notables mais sur de si petits pourcentages de participation, seule la mauvaise foi permet de désigner un vainqueur. Tous les partis ont perdu, c’est non pas l’eurospecticisme qui l’a emporté, mais le « j’menfoutisme ». Et comme aucun parti n’a appelé à l’abstention (J’entends déjà hurler les anarchistes et les libertaires qui, eux, ont effectivement n’ont pas voté) et en conséquence, tout le monde a perdu. Et moi, j’ai honte de mon pays.

 

Allez, offrons-nous une tranche de résultats faussés en prenant les résultats officiels. L’UMP, seul parti de la droite gouvernementale, finit loin devant. Reconnaissons à Michel Barnier un intérêt réel pour les affaires européennes et une implication jamais démentie dans sa campagne. Je n’en dirai pas autant de sa colistière dont les frasques médiatiques ont presque autant d’éclat que ses robes de soirée mais pas autant, malgré tout, que le lustre des faux-diplômes qu’elle exhibe. Ailleurs, l’UMP a fait profil bas, préférant le silence à une campagne risquant de tourner au bilan présidentiel. Les raisons de se réjouir à l’UMP étaient limitées malgré tout, faire 28% c’est somme tout assez peu et c’est même moins que le score de Nicolas Sarkozy aux présidentielles.

 

L’un des grands perdants, médiatiques tout du moins, c’est clairement le PS qui a été touché de plein fouet par campagne mené contre lui par d’autres formations de « gauche ». Une chute énorme que même les pires sondages n’avaient pas vu venir.  Que dire de cette chute sinon qu’elle est le résultat d’un lynchage de la part de transfuges (Mélenchon, Besson,…) et des divisions affichées à Reims ? Pas grand chose. Le programme du PS européen était le seul à ce point structuré mais la déroute sociale-démocrate a été totale en Europe et sans doute la droite à-t-elle su bien gérer politiquement la crise en favorisant la montée de l’extrême gauche. Prenez en France, quel meilleur moyen pour affaiblir la gauche de gouvernement que de jouer le pourrissement dans tous les conflits sociaux ? Réponse, aucun. Et force est de dire que sur cette élection, le plan du gouvernement a bien fonctionné. Mais ne nions pas, je ne le veux pas, la responsabilité propre des socialistes qui ont déçu nombre de leurs électeurs depuis 2007. Le PS doit entreprendre un travail non pas de refondation mais de communication. Car des idées, le PS en regorge. Mais il ne parvient pas à les mettre en avant et je crois nécessaire d’accroître les efforts pour présenter un programme sans visage. Et ce qui est certain, c’est que l’ensemble des militants socialistes sont loin, très loin, des querelles de chef mais qu’ils militent ensemble, peu importent les courants. Mais ce n’est pas ça que l’on met en avant.

 

Les Verts ont percé, la planète va être sauvée, je ne m’étends pas trop sur le sujet car il a été suffisamment décortiqué par les analystes divers et variés. La montée écologiste s’est ressentie partout en Europe et elle est assez logique vu l’état général de l’environnement.

 

Mais la dernière chose de ce billet, ce sera le rapport de la « gauche de la gauche ». J’ai lu des choses comme « vrais socialistes » et cette expression me fait peur. D’abord parce quand il s’agit de gens, parler de « vrais » ou de « faux » a pour moi une très mauvaise connotation. Et puis parce que ce terme me chiffonne. Il n’y a pas de « vrai » socialisme, il y a des socialismes. Il y a le dur, celui qui refuse d’évoluer et qui en est resté aux rapports de force d’il y a 40 ans et il y a le socialisme qui gagne, avec ses alliés de gauche, tous les scrutins locaux depuis plus de dix ans. Je suis fier d’appartenir au second. Mais en aucune façon, je ne viendrai dire à d’autres que ce sont de « faux » socialistes. Ils représentent une autre forme de socialisme, forme largement minoritaire, et je n’ai aucun jugement à porter sur leurs idées. Ce sur quoi je peux m’opposer, c’est sur les conflits qu’ils tentent de créer entre les partis de la gauche de gouvernement. Prenons un exemple. Région grand centre, l’UMP récupère 3 sièges sur 5 avec seulement 28%. Verts et PS prennent aussi un siège. Le Front de Gauche, avec 9%, n’a fait aucun élu. Si la liste avait été commune, la liste PS – PG – PCF aurait récolté 26% des suffrages et le Front de Gauche aurait eu un élu. Que faudra-t-il aux militants de gauche pour comprendre que c’est l’union la solution ? Leur faudra-t-il choisir entre Bayrou et Sarkozy en 2012 pour se dire que la gauche ne peut gagner que si elle est réunie ?

 

Alors oui, je suis inquiet pour la gauche car elle est en difficulté alors que la crise devrait la rapprocher. Et moi qui suis historien, j’aimerais rappeler qu’après 1929, la gauche française s’est réunie pour prendre le pouvoir. Ailleurs, en Europe, les nationalismes ont pris dans beaucoup de pays le pouvoir. Alors que justement, aujourd’hui, de nombreux partis populistes montent, la gauche française saura-t-elle s’allier ou va-t-elle continuer de jouer perso et risquer une arrivée au pouvoir d’un homme d’extrême-droite ? Avoir « front » dans sa formation ne fait pas de nous une formation capable de mener une opposition réelle et commune des forces de gauche. Chacun devra faire des concessions, cela va de soi, mais si l’union n’est pas possible, alors l’avenir sera bleu. Voire bleu foncé. A chacun de voir ce qui est le plus important.

Par Hugoruth - Publié dans : Politique nationale
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 23:29

Alors autant vous le dire tout de suite, j’ai beaucoup hésité avant de le créer, cet espace virtuel. Je me souviens les avoir pourfendus, à leur création, alors que la plupart n’étaient que des ramassis de photos et de commentaires inintéressants. Mais les choses changent.


Aujourd’hui, la « blogosphère » est quelque chose d’important et où les débats sont poussés. Les analyses dispensés par les citoyens valent, bien souvent, celles des plus grands analystes politiques. C’est en partie dans ce but que ce blog voit le jour. Je dis en partie car ma volonté de m’exprimer sur les évènements nationaux et internationaux n’est pas la seule raison. Je veux aussi parler de local, parfois même de choses n’ayant rien à voir avec la politique : Faits sociologiques, économiques ou historiques, tout ce qui va m’inspirer, en somme.

 

Pourquoi faire un blog, malgré ces motivations ? Pourquoi écrire et exposer, si je puis dire, mes pensées à l’assemblée des internautes ? Il me faut clarifier la chose immédiatement. Je ne créé pas ce blog pour les autres, je le créé pour moi. Depuis plusieurs mois, ma conscience politique a fait un bond en avant. Trop de choses autour de moi bougent, je ne pouvais conserver plus longtemps ce retrait que j’observais depuis toujours. On ne peut éternellement rester en sommeil, j’ai donc pris ces évènements comme une sonnerie de réveil et me suis lancé, non sans appréhension, dans le grand bain. Et ce qui, très vite, m’a frustré, ce sont les conversations via la site social « Facebook ». Les conversations s’y nouent très vite mais il est compliqué d’y tenir un débat de fond. Surtout, il me semblait impossible en si peu de caractères d’exprimer le fond de ma pensée. Alors la solution est là, vous êtes en train de la lire, c’est ce blog qui, je l’espère, me permettra de diminuer ma frustration et qui, allez savoir, intéressera peut être quelques internautes au passage.

 

Aux lecteurs je souhaite donc la bienvenue et les invite vraiment à réagir sur les articles, le débat est toujours souhaitable !

Par Hugoruth
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