Comment concilier enseignement supérieur et ruralité ?

Publié le par Hugoruth

La question peut faire sourire mais combien de territoires sont concernés par cette problématique ? Un grand nombre, sans doute la majorité des départements français de métropole, le cas des DOM et des TOM étant véritablement à part sur ce sujet, comme sur tant d’autres. Pourtant, en quittant la commission « Vie citoyenne », j’avais ce sentiment très fort que pour garder un territoire dynamique, il fallait nécessairement s’adapter aux impératifs universitaires et, en général, de l’enseignement supérieur.

 

            Le département du Cher est mal desservi en terme d’enseignement supérieur. 315 000 habitants pour plus de 7 300 km², soit une densité d’environ 43 habitants/km². A titre de comparaison, l’Indre et Loire est à 94,7 hab/km² et le Loiret à 95,2. Densité faible et population vieillissante, constat typique d’un département rural. Mais l’un des facteurs aggravant de ce constat est la fuite des jeunes qui partent étudier en dehors du département et qui, le plus souvent, ne reviennent pas. Le manque d’attractivité en terme d’emploi ne saurait constituer une raison valable car le département du Cher ne se signale pas par un fort taux de chômage (6,9 % en mars 2009, soit un brin plus faible qu’au niveau national, mais le Cher a connu un recul de son taux de chômage de 3% en 5 ans). La raison de ce désamour entre le département et les néo-diplômés relève, ironiquement, de l’amour qui nait entre les étudiants et les régions « colonisées ». La plupart des étudiants de Tours s’installent en Touraine, tout du moins dans le grand ouest. Ceux de Paris restent dans la capitale. Und so weiter und so fort…

 

Face à cet exode, les départements ne sont pas totalement démunismaiss la tendance de fuite semble lourde. Certes, elle n’est pas nouvelle mais de plus en plus d’étudiants continuent loin leurs études. Le temps est passé où les études supérieures n’étaient plus ouvertes qu’aux élites. Aujourd’hui, elles concernent la majorité des jeunes et ce flot d’étudiants n’est plus compensé, comme il l’était auparavant, par les formations professionnalisantes développées localement. Cet aspect est extrêmement problématique alors même que les établissements supérieurs cherchent tous à se rapprocher de la sphère professionnelle. Si ces établissements auparavant purement généraux empiètent sur les prérogatives des établissements spécialisés qui existent encore dans les villes moyennes dénuées d’universités, la résistance desdites villes devient presque impossible. Il est donc important de réfléchir aux problèmes posés par cette situation. J’ai dégagé 5 axes de réflexion sur lesquels chacun peut donner son avis et que je traiterai successivement :

 

 

Comment garantir un accès géographique égalitaire aux établissements universitaires ?

Quel peut être le rôle des collectivités locales dans cette démarche ?

 

Quel avenir pour un jeune bachelier dans un département rural dont le chef lieu ne compte pas d’Université ? Quelles solutions proposer pour compenser l’éloignement des facultés ?

 

Comment faire revenir les jeunes diplômés ? Comment encourager localement l’emploi de jeunes diplômés afin de permettre au territoire de conserver une population dynamique et une attractivité forte ?

 

Quelle place pour la formation au niveau européen dans un département rural ? Quelles formations mettre en place pour attirer les étudiants étrangers ?

 

Comment permettre aux étudiants ayant du quitter leur berceau familial de conserver un lien tout au long des études qui soit autre que sentimental avec leur région d’origine : Développer les emplois d’été réservés aux étudiants, Bourses de recherches pour les recherches concernant le département,…

Publié dans Politique locale

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