Convention nationale du PS

Publié le par Hugo Lefelle

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Le 27 avril dernier, la convention nationale du PS a adopté un texte nommé « Nouveau modèle économique, social et écologique : Un nouveau modèle de développement ». Ce texte a été présenté aux militants pour vote la semaine dernière.

 

Dès le départ, à la lecture, j'ai ressenti une grande frustration. Sans aucun doute, il y avait dans ce texte un réel projet et en cela, il était très encourageant. Néanmoins, le manque de concret me semble, encore aujourd'hui, être un handicap très important. Les débats au sein de la section de Bourges m'ont permis de bien comprendre qu'il s'agissait là non pas d'un programme mais d'une orientation idéologique visant à établir, par la suite, le véritable projet socialiste pour l'élection présidentielle de 2012. Mais malgré cette mise au point, je reste intimement persuadé qu'avec plus de concret, nous aurions bénéficié d'une base plus forte et sur laquelle nous aurions pu, déjà, commencer à convaincre sur la pertinence de nos propositions. A l'heure où l'ensemble des formations politique pense à 2012, produire dès la mi-2010 un projet, qui aurait évidemment pu être amélioré et approfondi par la suite, aurait été un vrai signe : Le PS a un projet concret et il est capable de le formuler dès aujourd'hui. Je reste néanmoins confiant sur notre capacité à en produire un sans trop tarder, mais ma frustration n'en reste pas moins réelle.

 

Au sein de ce texte, pourtant, il y avait quelques éléments concrets. Et paradoxalement, c'est l'un de ces points qui a fait débat. La question de la rémunération des dirigeants me semble forcément au cœur d'une société plus juste. Comment prôner une nécessaire justice sociale si on tolère, au sein des entreprise, des différences de salaires allant de 1 à 200 ? A mon sens, c'est absolument impossible et je crois essentiel que le Parti Socialiste ose aller sur ce terrain. La Convention présentée aux militants a abordé le sujet de la manière suivante :

 

« Nous proposons qu’au sein des entreprises qui ont une participation publique dans leur capital, les rémunérations soient comprises dans une échelle de l’ordre de 1 à 20. Dans les autres, l'assemblée générale des actionnaires, sur proposition du conseil d’administration, après consultation du comité d’entreprise, devra fixer ce ratio. »

 

Le débat s'est ouvert sur plusieurs points. D'abord, sur la fixation de l'échelle. Pourquoi 1 à 20 ? Pourquoi pas 1 à 10, 1 à 5 ou 1 à 30 ? D'autre part, qu'entend-on par « rémunérations ». Y inclut-on les aspects « variables » des rémunérations ? Et puis, au fond, laisser à une assemblée d'actionnaires le libre choix, cela reviendrait à demander à un loup de garder un troupeau de brebis. Les petits actionnaires, bien que nombreux, ne possèdent pas le poids suffisant pour contrebalancer les grands possesseurs, ceux qui sont actionnaires dans beaucoup de grandes entreprises, se serreront les coudes et les rémunérations ne baisseront pas. Pire, on leur donnera le prétexte de la régulation alors qu'au final, rien n'aura changé. Le texte original me semblait donc insuffisant. J'ai donc proposé, avec mon camarade Pascal Richard, d'amender le texte comme suit

 

« Nous proposons qu’au sein des entreprises qui ont une participation publique dans leur capital, la part fixe des rémunérations, c’est-à-dire le salaire, soit comprise dans une échelle de l’ordre de 1 à 10. Dans toutes les autres entreprises, l’échelle sera fixée de 1 à 20. La part variable des rémunérations devra également être encadrée. »

 

La différence peut apparaître comme minime, mais je l'assume. Il me semblait important de durcir la règle pour les entreprises dans lesquelles l'État a une participation car l'État ne saurait être un actionnaire comme un autre. En échange de sa participation, il faut que la puissance publique exige un très fort contrôle et une éthique de la part de l'équipe dirigeante. D'autre part, on ne peut pas laisser aux actionnaires la choix de l'échelle. Imposer 1 à 20 est déjà un premier pas. Évidemment, on pourra me dire que c'est insuffisant. J'assume ces critiques mais au final, je pense que si un patron dirige bien son entreprise et qu'elle dégage, il peut en retirer un bénéfice. Précisons immédiatement qu'il s'agit de la part fixe. La part variable, elle, est bien plus difficile à définir et c'est en attente d'une définition plus précise que je n'ai pas chiffré la limitation.

 

Je peux aujourd'hui afficher ma satisfaction car l'amendement a été adopté par une très large majorité parmi les militants de Bourges. On peut évidemment regretter que la convention fédérale ait repoussé l'amendement mais ce que je retiens de ce vote, c'est l'adhésion rencontrée par ce texte auprès des militants. Je crois que en faisant de telles propositions que nous pourrons retrouver une légitimité auprès des autres militants de gauche qui, souvent, rabrouent notre tiédeur.

Publié dans Politique locale

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