Haro sur le Printemps !

Publié le par Hugo Lefelle

Alors que le Printemps de Bourges se termine à peine et que la place Séraucourt retrouve tout juste sa propreté habituelle, il me semble nécessaire de me pencher sur ce qui semble devenu une mode depuis quelques années déjà et qui semble atteindre son paroxysme ces derniers temps : La critique totale du Printemps de Bourges (abrégé PdB dans la suite de l'artihttp://www.voxpopmag.com/fr/wp-content/uploads/printempsdebourges.jpgcle).

 

Mettons d'emblée les choses au clair : Je ne suis pas salarié de la société de Colling et je ne suis pas un spectateur assidu du PdB : Depuis que je suis petit, mes parents ont toujours préféré partir en vacances lors de cette semaine très festive. J'essaye donc d'avoir un avis autant objectif que possible car je ressens une injustice dans le traitement qui est fait à cette manifestation.   

 

Ainsi donc, pour ceux qui ne seraient pas lecteurs des sites du web berruyer, on trouve deux articles particulièrement virulents : L'un sur le site de l'Agitateur, nommé " Le Printemps de Bourges, la ville du même nom, les dessous des sous... "   et l'autre sur le site du Berry Ripoublicain nommé "Test comparatif: les Verts du Nord moins lâches que nos Verts du Berry et de la Région Centre ?". Dans un souci d'honnêteté, je préfère vous en indiquer les liens. Ces articles mettent en exergue le soi-disant aveuglement dont feraient preuve nos élus vis à vis de ce festival, organisé par une société privée, il est utile de le préciser. Au centre des critiques, le montant des subventions publiques dédiées à l'organisation : On parle de 600 000€ pour la ville de Bourges, 500 000€ pour le Conseil Général du Cher. Je n'ai pu trouver le montant de la subvention de la Région Centre mais l'ensemble des subventions publiques frôlerait les 2M d'euros. Il est évident que quand on sait que le Printemps de Bourges, dans son ensemble, dégage 2M de bénéfices, on comprend vite l'équation : Cette manifestation vit sous la transfusion des subventions publiques. Cette situation est évidemment un gros avantage pour Daniel Colling qui, à n'en pas douter, dans ses négociations avec les collectivités, met en avant qu'en cas de baisse trop importante, il pliera bagage et ira faire bourgeonner ses concerts ailleurs. Ce chantage au concert est en tous points détestable et devrait donner lieu à plus de pression de la part des partenaires institutionnels qui sont, de mon point de vue, plus en position de force que ce que Colling leur laisse comprendre.

 

Car le printemps de Bourges, c’est également une agitation médiatique et Colling sait, en homme d’affaires qu’il est, combien le divorce d’avec la ville lui coûterait et que son festival, exporté ailleurs, perdrait beaucoup du ramdam médiatique qui l’entoure aujourd’hui.

 

Néanmoins, je comprends les élus qui financent ce festival. Parmi mes camarades étudiants ou mes collègues, certains se sont rendus à Bourges pour la première fois. Pas pour visiter le musée du Berry, pas plus pour admirer la cathédrale Saint-Etienne mais bien pour venir sur le Printemps et leur réaction a toujours été la même : « On reviendra ! ». Il est facile de critiquer mais l’engouement autour du PdB a des retombées sur la ville, le département et la région. Economiques, évidemment, il suffit de demander aux hôteliers le niveau de remplissage de leurs établissements, mais pas seulement. La difficulté a toujours été la même, à savoir faire venir les gens à Bourges une fois, certains que nous sommes de les voir y revenir par la suite, séduits par le charme de la cité berruyère. Si le printemps, et c’est le cas de mon point de vue, permet d’établir un premier contact avec Bourges et le Cher, alors cela ne fait aucun doute, le PdB rapporte bien plus que des « pass » pour les élus.

 

Les subventions pourraient-elles être moins élevées, la question doit être posée car l’honnêteté force à dire qu’en effet, en dehors du PdB, les manifestations culturelles se font rares. Trop, à n’en pas douter, et je suis et serai le premier à réclamer plus de moyens pour la culture. Mais, car il y a toujours un mais dans ces cas-là, je ne crois pas qu’il faille chaque année lancer sur le PdB les critiques les plus acerbes quant au financement. La Mairie se fait sans aucun doute entuber sur une partie du marché qui l’unit avec Colling (je pense par exemple à la mise à disposition gratuite des locaux ou des personnels ou à la refacturation d’un stand dans l’espace partenaire) mais ce qui pose problème, n’est-ce pas plutôt la faiblesse de l’investissement culturel extra-printemps plutôt que le trop grand soutien à ce qui représente, il faut l’avouer, un atout marketing pour toute la région ?

Publié dans Politique locale

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